Il y a une dizaine d’année j’ai voulu arrêter de fumer, arriver à la trentaine en laissant derrière
moi cette habitude dont j’avais bien pris conscience qu’elle était un désastre pour mon corps. Je
m’époumonais en faisant du sport, mes dents se tâchaient, mon teint était grisâtre, l’odeur était
insupportable et le temps et l’énergie passé à chercher les paquets, les acheter ou y penser parti
en fumée, il fallait que ça s'arrête, allez lundi j'arrête.
J’avais bien essayé à plusieurs reprises d’arrêter mais c’était trop dur, les premières tentatives
n’avaient duré que 24H-48H max. Après m’être familiarisée avec la sensation de manque et reconnu
qu’il me faudrait aussi rééduquer ma gestuelle, j’ai retenté… les lundis suivants et retenté... les
débuts d'année et retenté encore aux anniversaires... Cette fois là c'était la bonne, j’avais tenu 6
mois à coups d’hypnose et de Champix mais les effets secondaires de ce produit de sevrage n’ont pas
tardé à se faire sentir et j’ai commencé à avoir des envies suicidaires donc j’ai choisi le moins
pire : revenir à mon programme : fumer. Dans ma "tête" j'étais une fumeuse qui arrêtait et je
n'avais pas vraiment envie d'être quelqu'un d'autre finalement.
Oui c’est très dur d’arrêter de fumer, on fantasme sur l’image d’Epinal, de celui qui dit y être
parvenu du jour au lendemain, voilà simplement, comme ça, sans peine.